Audio-Technica BP4027 et BP4029 stereo shotgun microphone

audio-technica BP4027 stereo shotgun microphone

Sortis en France depuis 2007, certains micros de la gamme Broadcast et Production d’Audio-Technica restent assez discrets sur le marché européen. C’est notamment le cas des modèles BP4027 et BP4029, successeurs du AT815ST et du AT835ST, deux micros canon stéréo qui ne se différencient que par leur longueur, respectivement 38 et 23 cm.
Élaborés en partenariat avec des professionnels du broadcast, testés notamment pendant les Jeux Olympiques, ces micros sont conçus pour les preneurs de son, broadcasters et vidéographes. Ce micro nous intéresse dans le cadre de la prise son d’ambiances et de bruitages.

Les principales caractéristiques mises en avant par le constructeur :
– Conçu pour la radiodiffusion, le tournage de films ou l’enregistrement sonore de bruitages et ambiances
– Deux capsules à condensateur indépendantes, l’une à directivité cardioïde-linéaire, l’autre à directivité en 8
– Atténuation des basses fréquences commutable
– Les micros BP4027 et BP4029 possèdent une matrice de décodage interne et un commutateur permettant de sélectionner un enregistrement en mode central-latéral (ne nécessitant pas la matrice) ou deux modes stéréo, large (Wide) ou étroite (Narrow) obtenus grâce à la matrice interne.
– Micro compact en métal léger adapté à un usage sur caméra.

Caractéristiques techniques (BP4027) :
Capsules : Deux condensateurs polarisés en permanence avec plaque fixe à charge fixe
Directivités : Cardioïde-ligne et figure de huit
Réponse en fréquence : 30-20 000 Hz
Atténuations des graves : 80 Hz, 12 dB/octave
Niveau de sortie : Central : -30 dB (31,6 mV) réf 1V/Pa / Latéral : -34 dB (19,9 mV) réf 1V/Pa / Stéréo gauche/droite : -36 dB (15,8 mV) réf 1V/Pa
Impédance : 200 ohms
Niveau de pression acoustique maximal : Central : 123 dB SPL, 1 kHz à 1% T.H.D. / Latéral : 127 dB SPL, 1 kHz à 1% T.H.D. / Stéréo gauche/droite : 126 dB SPL, 1 kHz à 1% T.H.D.
Dynamique (typique) : Central : 101 dB, 1 kHz à SPL max. / Latéral : 101 dB, 1 kHz à SPL max. / Stéréo gauche/droite : 102 dB, 1 kHz à SPL max.
Rapport signal/bruit : Central : 72 dB SPL, 1 kHz/Pa / Latéral : 68 dB SPL, 1 kHz/Pa / Stéréo gauche/droite : 70 dB SPL, 1 kHz/Pa
Spécifications alimentation phantom : 11-52V CC, 4 mA typiques pour 48V, pour chaque canal
Commutateurs : Central-latéral (M-S), stéréo gauche/droite large (LR-W), stéréo gauche/droite étroit (LR-N); Plat, atténuation
Poids : 142 g (5,0 oz)
Dimensions : Longueur 380,0 mm (14,96 po), diamètre 21,0 mm (0,83 po)
Connecteur de sortie : Type XLR5M intégré
Câble : Câble en Y blindé à deux conducteurs de 0,61 m (24 po) de long se terminant par deux connecteurs de type XLR3M
Accessoires fournis : AT8405a pince pour pieds filetés 5/8″-27; AT8135 bonnette anti-vent en mousse; adaptateur fileté pour 5/8″-27 à 3/8″-16; mallette portative de protection

La réponse en fréquences du BP4027 :

micro canon bp4027 frequency response

La directivité du BP4027 :

BP4027 BP4027 AUDIOTECHNICA bp4027 micro canon

Notre avis : L’objet en lui-même est très beau, très long mais surtout très léger ce qui est agréable lorsqu’il faut percher. Lors de la première utilisation, j’ai eu tendance à vouloir l’utiliser comme un micro stéréo mais c’est avant tout un micro canon avant d’être un micro stéréo. A oublié donc pour les prises son d’ambiances qui nécessitent un peu de largeur. Il peut néanmoins s’avérer utile pour enregistrer des ambiances light avec une focalisation sur une source sonore. Car, une fois cette erreur dépassée, on s’aperçoit que la grande force de ce micro est la part de sons rejetée et une très grande focalisation sur des sources serrées et surtout lointaines. Le piqué est très précis, très riche en basse, permettant de réaliser à distance des bruitages très détaillés. Le micro est peu sensible au vent et aux manipulations. En raison de sa longueur, la bonnette Rycote WS4 est juste assez longue. L’AT 4027 m’a également surpris dans l’enregistrement d’une chorale en complément de 2 couples cardioïdes, en permettant de récupérer des basses très présentes et ainsi redonner de la présence à l’ensemble une fois mixé.
La position stéréo Narrow est très resserrée, presque mono. La position Wide, bien que plus large, conserve malgré tout une forte zone de rejet sur les cotés. La position MS est idéale lorsque vous voulez faire évoluer l’environnement alentour.
En résumé, une fois accoutumé à la bête, il est possible de réaliser de superbes bruitages très précis, riches et « propres ». Le petit bémol tiendrait bien évidemment à sa longueur qui peut le rendre encombrant mais qui reste nécessaire pour le rejet. Emballé à 100%.

Directivité des microphones

L’enregistrement d’un bon bruitage, d’une belle ambiance ou d’un instrument de musique nécessite de choisir le microphone adéquat. En effet la réussite d’une prise son repose sur le choix du type de micro utilisé et derrière cela sur le choix de la directivité de ce micro.
La directivité désigne en quelque sorte la direction et les limites de la sensibilité d’un micro dans l’espace. Tous les micros ne captent pas les sons de la même manière, certains s’attachant à capter tous les sons environnants devant, derrière, sur les cotés, d’autres captent uniquement les sources sonores situées face au micro, d’autres encore sont spécialisés dans la captation de sons lointains. La directivité d’un micro c’est donc la zone, de taille et de forme différente, à l’intérieure de laquelle les sources sonores devront se situer pour être captées.
Les principales directivités de microphone sont : omnidirectionnelle, cardioïde, hypercardioïde, supercardioïde (canon) et bi-directionnelle (figure 8). Chacune de ces directivités est représentée par un diagramme polaire illustrant la zone de captation du micro.

micro omnidirectionnel   Omnidirectionnelle : Les micros omnidirectionnels captent tous les sons se situant dans une sphère de 360°. En somme, ils captent uniformément tous les sons qui entourent le micro en ne favorisant aucune source. Ces micros sont à privilégier pour l’enregistrement d’ambiances ou de chœurs. Ils vous restitueront des ambiances larges, profondes et surtout très riches et très réalistes. Leur force est tout autant leur faiblesse. Les micros omnidirectionnels enregistrant les sons provenant de toutes les directions, ils captent également plus facilement des sons « parasites » comme le bruit des voitures passant sur une route située à quelques centaines de mètres derrière le micro. Leur utilisation est donc souvent difficile parce qu’elle nécessite d’être dans un environnement relativement sain de tout son parasite. Exemples de micros omnidirectionnels : Neumann KM183 ; Schoeps CCM 2 omnidirectionnel.

micro cardioïde  Cardioïde : Les micros cardioïdes sont des micros unidirectionnels favorisant la captation des sources sonores situées face au micro. Ils ont la particularité de rejeter, c’est à dire de ne pas capter, les sources sonores situées à l’arrière du micro et dans une moindre mesures les sons de coté. Leur zone de captation prend la forme d’un cœur. Les sons captés sont moins réalistes que ceux captés avec un micro omnidirectionnel puisque une partie de l’environnement sonore est rejetée mais ils sont à la fois plus proches et plus « propres » (moins de bruits parasites ou de réverbération). Ils permettent par exemple de facilement éviter les bruits de la route située derrière le micro, à condition que le bruit ne soit toutefois pas trop fort. Les micros cardioïdes sont donc assez polyvalents et font partie des plus utilisés pour la prise son d’ambiances, de bruitages mais également de voix ou d’instruments solo. Exemples de micros cardioïdes : Rode NT4 et NT5 ; AKG D112 et C415B.

micro hypercardioïde  Hypercardioïde : La directivité hypercardioïde ressemble beaucoup à la directivité cardioïde avec toutefois un lobe plus resserré à l’avant et la présence d’une petite zone de captation à l’arrière du micro. Les micros hypercardioïdes présentent donc la particularité de rejeter une grande partie des sources sonores en provenance de l’arrière et des cotés. Ils sont très utiles pour les prises son de bruitages et d’effets sonores car ils permettent très facilement d’isoler le son d’un objet ou d’une source particulière. Exemples de microphones à directivité hypercardioïde : AKG D58E/sw ; Beyerdynamic M88TG et M160.

microphone supercardioïde  Supercardioïde : Présentant un lobe avant encore plus étroit que la directivité hypercardioïde, la directivité ultracardioïde permet réellement de focaliser la captation sur un élément tout en l’isolant beaucoup du reste de l’environnement. Souvent perchés au-dessus de la tête des acteurs, les micros ultracardioïdes (aussi appelé micro canon) sont beaucoup utilisés pour l’enregistrement des dialogues de cinéma. Ils permettent également l’enregistrement de sources ponctuelles de façon isolée. Attention toutefois au fort détimbrage lorsque la source s’écarte de la zone de captation relativement étroite. Ces micros permettent aussi de capter des sources sonores lointaines, un peu à la façon d’un zoom photo. Ils sont donc très utiles en prise son de documentaire, notamment animalier. Exemple de micros canons : Rode NTG2 et NTG3 ; AKG CK69ULS ; Sennheiser MKH-416 et MKH-70.

micro bi-directionnel  Bi-directivité ou Figure en 8 : Ce type de micro présente deux zones de captation identiques à l’avant et à l’arrière du micro. Cette directivité permettra d’enregistrer simultanément sans mouvement les deux sources sonores d’une interview, d’un duo. Un micro bi-directionnel est l’un des éléments nécessaires pour l’enregistrement en M/S processing. Beaucoup de micros à ruban sont bi-directionnels. Exemple de micros bi-directionnels (entre autre) : Apex 205 (micro à ruban) ; Shure KSM44 ; Rode NT3000.

Certains micros peuvent répondre aux différentes patterns de directivité. Le AKG C414 permet par exemple de passer de l’une à l’autre des différentes directivités présentées en actionnant un simple bouton poussoir. D’autres micros (Rode NT4 et NT5 ; Oktava MC-012) proposent des capsules interchangeables.

Il n’existe aucune règle fixe en matière de choix et d’usage des micros, juste des principes de base qu’il est possible de transcender à des fins de créativité.

Lire aussi : Le principe du microphone

Le principe du microphone

L’un des tous premiers éléments nécessaires à la prise son d’ambiances, de sons, de bruitages ou encore de voix est bien évidemment le micro.
Le microphone est un capteur analogique qui permet la conversion des ondes sonores acoustiques en impulsions électriques qui, sous cette forme, seront utilisables plus facilement pour la sonorisation ou l’enregistrement. Dans le cas le plus simple et le plus courant, le milieu aérien, une source sonore produit des variations de pression de l’air qui vont être « captées » par une partie mobile et très fragile du micro que l’on nomme la membrane. La membrane est ainsi excitées par des oscillations mécaniques qui seront ensuite converties en une tension électrique variable facilement transportable et utilisable. Cette tension électrique pourra ainsi être pré-amplifiée, amplifiée ou encore enregistrée.
Le micro et le système d’amplification, pré-amplification ou d’enregistrement qui l’accompagne fonctionnent ainsi un peu comme le système auditif humain avec son capteur (l’oreille – le tympan), ses voies de transport (le nerf auditif) et les dispositifs de traitement et mémorisation (cortex auditif, mémoire). Une grande différence toutefois entre ces deux systèmes électroacoustiques, l’oreille humaine ou animale est capable de s’adapter à différents milieux ou environnements pour être efficace dans toutes les situations alors qu’il n’existe aucun micro capable d’enregistrer de façon optimale dans tout un tas de situation.

Ainsi chaque prise son se déroulant dans des milieux différents (intérieur/extérieur, bruyant/silencieux …) et avec un objectif différent (enregistrer une ambiance ou un bruitage précis …) il convient d’utiliser des micros différents selon les situations.
Les critères ou caractéristiques qui différencie les microphones et qui conditionne leur utilisation sont les suivants : le type de micro (lié au type et condition d’utilisation), la technologie avec laquelle est fabriquée le micro (liée au type d’utilisation et au matériel associé au micro), la directivité (liée au type et condition d’utilisation) et enfin les caractéristiques électroacoustiques du micro telles que sa sensibilité, son indépendance, la réponse de fréquence… (liée au type et condition d’utilisation mais aussi à la qualité de la restitution).

micro AKG C214

Un micro AKG C214, Micro de studio électro-statique à large membrane, sur lequel il est possible d’apercevoir la membrane (pastille derrière la grille).

Lire aussi : La directivité des microphones

L’inventeur du microphone

L’invention du premier microphone (utilisable) est attribuée à Alexander Graham Bell surtout connu comme l’inventeur du téléphone (pour lequel un micro était nécessaire). Cette paternité est toutefois contestée pour revenir à Émile Berliner, l’inventeur du gramophone. Il aurait ainsi conçu le premier micro le 4 mars 1877.

Emile Berliner inventeur du microphone

Emile Berliner parlant devant l’une de ces premières inventions : le microphone