Les formats de fichier audio

waveform

Les fichiers audio, aussi appelés fichiers son, renferment toutes les informations issues d’une conversion A/D (analogique vers digital ou numérique)  ou de la génération directement en numérique d’un son. Ces fichiers, qu’aujourd’hui tout le monde connait et emploie, peuvent prendre différents formats dont voici les principaux.

Les fichiers audio professionnels : Dans le monde professionnel du son, on trouve principalement 3 formats de fichier qui ont en commun l’utilisation d’un signal PCM non compressé (Pulse-Code Modulation) qui délivre le maximum de qualité audio. Ces fichiers sont donc ceux qui présentent la meilleure qualité d’encodage et de restitution en contrepartie de fichiers dont la taille est parfois très grande et d’un besoin de ressources importantes pour les utiliser.

Les fichiers .aiff : Audio Interexchange File Format, il s’agit d’un format audio développé par Apple.
Les fichiers .wav : Waveform Audio Format, il s’agit d’un format audio développé par Microsoft.
Les fichiers .bwf : Broadcast Wave Format, il s’agit d’un format audio créé par l’European Broadcast Union. Il s’agit d’une nouvelle génération de fichier .wav qui est aujourd’hui considéré comme le nouveau standard de l’industrie en matière de fichier audio professionnel. Les fichiers .bwf sont des fichiers .wav auxquels sont ajoutés des « chunks » contenant diverses informations comme le nom, une description, le timecode, les fichiers liés… Ces fichiers peuvent être lus comme tout fichier .wav.

Les fichiers audio compressés : L’action de compresser un fichier audio (mais également vidéo ou photo) permet de réduire la taille d’un fichier initial pour le rendre plus facilement utilisable pour certaines applications (échange par internet, sonorisation de site, …). Les fichiers de plus petites tailles renferment moins d’informations et de ce fait consomment à la fois moins d’espace de stockage et moins de ressources lors de leur utilisation. Toutefois le gain de place et de ressource se fait au détriment de la qualité du son. Pour réduire la taille des fichiers son il est en effet nécessaire de supprimer ou résumer une partie des informations contenues dans le fichier. Il en résulte une restitution beaucoup moins fidèle du son original. Même si beaucoup de personnes ne perçoivent pas de différence à l’écoute d’un wav ou d’un MP3, une oreille avertie entend immédiatement l’absence de certaines fréquences se traduisant par moins de brillance, de rondeur ou de chaleur et éventuellement l’ajout d’un bruit parasite. La compression agit notamment sur la bande passante, c’est à dire qu’elle réduit la bande de fréquences du son, en d’autres termes, elle supprime une partie des sons les plus graves et des plus aigus.

Les fichiers MP3 : Le format MP3 est un format audio très répandu sur le marché. Il est utilisé pour les échanges de fichiers par internet, pour les lecteurs MP3 et également dans le jeu vidéo. Le taux de compression des fichiers MP3 permet d’obtenir des fichiers dont la taille est divisée par 10 sans faire trop de concession sur la qualité sonore. Le format MP3 est soumis à un brevet.
Les fichiers OGG : Il s’agit fichier audio au format Ogg contenant des données audio compressées en Vorbis, l’un des codecs du projet Ogg. Le projet ogg est encadré par la fondation Xiph.org et vise à offrir à la communauté des formats et des codecs multimédia libres de droit, en open source et donc non soumis à brevet comme le MP3. Les fichiers .ogg compressés en Vorbis offrent des résultats comparables aux MP3.
Les fichiers Lossless : Il s’agit de fichiers audio compressés mais qui, à l’inverse du .mp3 ou du .ogg n’ont subit aucune perte d’information lors de la compression (lossless = sans perte). Ce format de compression permet d’obtenir des fichiers de 30 à 70 % plus petits sans aucune perte de qualité sonore. Le FLAC (Free Lossless Audio Codec), libre et open source, est l’un des codecs les plus répandus en matière de Lossless. La décompression d’un fichier FLAC permet d’obtenir une copie à l’identique des données audio.

En conclusion, même si le format audio final de votre projet doit être compressé pour faciliter son stockage ou son utilisation, il ne fait aucun doute que vous obtiendrez de bien meilleurs résultats en enregistrant, éditant et masterisant sous un format non compressé (wav, aiff) et en ne compressant que lorsque le son est prêt à l’emploi.

Sound Design

Sound design : Le terme désigne initialement une méthode de production de la bande sonore d’un film en fonction des systèmes qui la diffuseront dans les salles de cinéma (Murch). La définition du Sound Design a ensuite été enrichie d’un ensemble de techniques d’enregistrement et de traitement du son et des bruitages dans le but de créer des sons nouveaux ou un univers de sons (Burtt). Il désigne enfin aujourd’hui le processus global de conceptualisation d’une bande son dans son ensemble ou d’un univers ou un environnement sonore dans sa globalité.
Le point commun des ces trois éléments de définition est l’attention particulière qui est portée à la spatialité des sons, à la fois dans l’espace réel où ils seront diffusés mais aussi l’espace virtuel, la diégésis, qu’ils sont censés illustrer ou mimer.

Le terme sound design apparaît dans le cinéma des années 70 principalement sous l’influence du travail de Walter Murch sur les films THX 1138 (1971) ou Apocalypse Now (1979) ou celui de Ben Burtt sur Star Wars IV (1977).
Le climat de crise que connait à l’époque Hollywood, l’émergence de nouveaux moyens techniques (Nagra, Dolby) et de jeunes réalisateurs prêts à expérimenter a profondément modifié l’approche et la production des bandes-son de films. Ces réalisateurs (Coppola, Lucas, Kubrick, Scorcese…) portent un intérêt particulier aux sons qui accompagnent l’image. Lucas dira « Sound is half the experience » (le son est la moitié de l’expérience).
Ils s’intéressent à différentes dimensions du son : la dimension conceptuelle (Kubrik finira par imposer la musique classique de Strauss, Wagner,…), la dimension technique (Lucas encouragera la mise à niveau des cinémas pour profiter du son THX – Apocalyspe Now est le premier film mixé en multichannel 5.1) et la dimension expérimentale/innovatrice à travers une volonté ferme d’utiliser des nouveaux sons jamais entendus et surtout plus riches (nouveautés techniques) que les bruitages proposés par Hollywood.
Ils se sont donc entourés d’hommes dont la mission transgressait avec les usages et la hiérarchie traditionnelle de la production sonore d’Hollywood. Traditionnellement, et par force de conviction des syndicats du cinéma, la production sonore d’un film reposait sur les épaules des 3 hommes (ou équipes) : le preneur de son dont la mission est d’enregistrer sur le tournage les sons nécessaires à la production, le monteur qui se charge de découper, caler et éventuellement ajouter les sons à l’image et le mixeur qui s’occupe de « mélanger » les différentes sources sonores en un tout cohérent. Le rôle confié à Murch ou Burtt embrassait largement ces 3 fonctions.
C’est donc naturellement que le terme Sound Designer est venu qualifier cette nouvelle approche de la production sonore des films. Tous ces films ont ainsi marqué par leur bande-son, leurs bruitages, leur musique qui portent, parfois dépassent, la magie de l’image.

Aujourd’hui avec le développement du multimédia, le terme sound design s’applique dans de nombreux domaines extérieurs au cinéma, partout où il est nécessaire de « bidouiller » sons et bruitages, partout où il est nécessaire de penser le son, l’image et l’émotion comme un tout harmonieux.

Ben Burtt - bruitages star wars

Ben Burtt enregistrant le bruit d’un marteau sur les câbles d’un émeteur radio, un bruitage qui deviendra le célèbre son des pistolets laser de Star Wars.

Sources :
Whittington, William : Sound Design and Science Fiction (2007)
Interviews de Ben Burtt

Sons in et sons out

Les sons in sont tous les sons dont la source est dans le champ de la caméra donc visible à l’image, par exemple le bruit d’une voiture qui démarre alors qu’elle occupe une place dans le champ.

Les sons out sont les sons dont la source n’est pas visible à l’image, par exemple le bruitage d’une voiture alors qu’elle est sortie du champ de la caméra.

Tournage Star Wars

Clap de cinéma

Clap de cinéma : Le clap est outil de tournage de film pellicule servant de repère pour référencer une prise et permettre la synchronisation de la bande son avec l’image au montage. Un clap est constitué de deux morceaux articulés que l’on frappe avec l’émission d’un bruit devant l’objectif. Une ardoise est généralement accolée au clap afin d’inscrire le numéro de la prise en cours. Il doit être utilisé à chaque début d’une nouvelle prise, ou parfois a la fin de celle-ci pour un soucis de discrétion ou de concentration.
Le point de synchronisation entre le son et l’image sera le tout début du bruit avec la première image où le clap est vu en position fermée.

clap de cinéma

Whoosh

Whoosh : un whoosh est un élément de production entre bruitage et musique d’illustration. Traduisant le son produit par un mouvement d’air rapide, un whoosh se définit comme un élément sonore donnant l’impression d’un mouvement ou d’un passage rapide, souvent agrémenté d’un effet d’air, de flanger ou de phaser. Ils peuvent être utilisés comme sons diégétiques (le son d’un sabre qui fend l’air) mais également comme sons extradiégétiques notamment comme sons de transition.
Les sweepers sont considérés comme des whooshes musicaux. Les whooshes et les sweepers font partie de la catégorie des virgules sonores.

Bruitage whoosh Exemple de whoosh

Sound Ideas compte dans son catalogue plusieurs CD de whooshes sous le nom The Big Whoosh Production Elements.
Sound Fishing Bruitages et Bruitages.tv proposent également de nombreux whooshes et sweepers en téléchargement.

Bruitages whoosh

Walla

Walla : Walla est un terme de l’industrie du cinéma américain désignant un bruitage ou une ambiance de personnes en train de discuter sans qu’aucun mot ni émotion ne soit perceptible ou intelligible. Les bruitages walla sont souvent réalisés en post-production par un groupe d’acteurs appelé walla group.
L’origine de l’étrange nom de ce type de bruitages remonte aux premières utilisations radiophoniques où l’on a découvert que lorsque plusieurs personnes répétaient inlassablement le mot « walla » cela suffisait pour créer l’illusion d’une discussion entre plusieurs personnes. Le principe demeure encore aujourd’hui même si la technique a considérablement évoluée.
Reflet des particularités linguistiques propres à chaque langue, le terme walla trouve des équivalences dans le monde entier : rhubarb en Grande-Bretagne, rhabarber en Allemagne ou encore rabarber pour les néerlandophones.

Bruitage Walla Exemple d’une ambiance réalisée avec un walla (merci à Sound Fishing Bruitages)

Bruitages walla

Bruiteur

Bruiteur : Le bruiteur est la personne responsable de produire les bruits, bruitages ou effets sonores après le tournage et le montage d’un film. On appelle son métier le bruitage, c’est un des métiers du son du cinéma.

L’un des plus célèbres bruiteurs américains s’appelle Jack Foley. D’autres comme Frank Serafine, Mike Mc Donough ou Alan Howarth ont également grandement participé au développement des techniques de bruitage.

Séance de bruitage

Un bruiteur réalisant un bruitage de pas.