Conservation enregistrements sonores anciens

The Library of Congress (US) est particulièrement engagée depuis plus de 10 ans dans une démarche de conservation des enregistrements anciens. Elle propose aujourd’hui, via son National Jukebox un accès en streaming gratuit à de nombreux enregistrements qu’elle a numérisés.

Plus de 10000 disques 78 tours du début du siècle dernier sont ainsi passés entre les mains de l’équipe Packard Campus for Audio Visual Conservation.
Il s’agit de disques anciens (1901-1925) provenant de la Victor Talking Machine Compagny rendue célèbre par le fameux chien qui écoute « La Voix de son Maître ». Le long et minutieux procédé de numérisation des disques est notamment présenté en images.

Les enregistrements numérisés disponibles en écoute sont classés par genre offrant ainsi un panorama musical et vocal du début du siècle : musique classique, musique ethnique, musique populaire, musique et discours religieux et des enregistrements vocaux (discours, lecture, théâtre…).
Le site de la Library of Congress permet également de découvrir de nombreuses autres collections d’enregistrements anciens comme notamment la collection de The American Folklife Center.

Poursuivre la découverte de l’univers des enregistrements anciens avec la numérisation d’un enregistrement très ancien de Bismarck ou de l’un des tous premiers enregistrements de Big Ben.

Reconstitution sonore : 14 juillet 1789

Pendant tout l’été, France Info inaugure une nouvelle chronique consistant à faire voyager ses journalistes dans le temps. Ils se retrouvent ainsi en direct sur les lieux de différents évènements historiques importants. Ceci est l’occasion de découvrir des ambiances sonores originales reconstituées à partir de bruitages de travaux cinématographiques ou radiophonique. Pour le premier volet de cette saga de l’été, vous pouvez ainsi écouter une ambiance sonore au pied de la Bastille, le 14 juillet 1789, juste avant que la forteresse ne tombe.

Avis sur Nagra LB

Après presque une année d’utilisation quotidienne, le moment semble venu de faire un petit point sur cet enregistreur numérique de la célèbre marque Nagra. Acheté en Août 2011, le Nagra LB dont il est question ici a pu bénéficier de mises à jour et de modifications corrigeant certains défauts souvent signalés sur le web. Il a été utilisé presque tous les jours dans le cadre de prises sons de bruitages, d’ambiances sonores et de voix-off ainsi que pour quelques enregistrements de guitare classique en cabine. En intérieur, extérieur ou en studio l’appareil a été associé à différents types de micro du SM57 aux Neumann KM184 en passant par des Audiotechnica BP4027 et BP4025, un AKG C414 ou encore un Rode NT4 ou un couple de NT5.

L’envie de gouter à la légende Nagra me chatouillait depuis un petit moment, j’ai donc louché sur le Nagra LB pendant quelques temps, suivant de près les infos disponibles sur les améliorations des premières versions, avant de craquer enfin. La prise en main facile et intuitive m’a permis d’aller rapidement sur le terrain tester ces fameux préamps Nagra. Les premières prises sons effectuées ne m’ont pas fait tomber par terre, j’ai retrouvé mes marques assez rapidement par rapport à mon enregistreur précédent (Fostex FR2). Mais c’est par la suite que j’ai pu découvrir et apprécier la finesse, la précision et la puissance des préamps du Nagra. Coté puissance, je n’ai pas eu à pousser les trims au-delà du 4 ou 5 (sur 10), jamais à fond. La comparaison avec des enregistrements plus anciens m’a permis d’apprécier la finesse, la précision de la restitution, une restitution sans aucune flatterie, quelque chose qui sonne vrai sans avoir à retravailler le son pendant des heures. Même si les « c’était mieux avant » rabâchent que la qualité Nagra a changé, je reste assez bluffé par la qualité exceptionnelle des enregistrements du Nagra LB.

Coté stabilité, les mises à jour successives du firmware sont parvenues à corriger les différents bugs que beaucoup ont pu rencontrer lors des premiers mois qui ont suivis la mise sur le marché. En un an d’utilisation quasi quotidienne, je n’ai eu aucun bug, dysfonctionnement ou autre. Le Nagra LB est aujourd’hui stable et fiable. Le modèle utilisé ici a notamment bénéficié de l’amélioration matérielle de l’ampli casque qui semblait souffrir d’un manque de puissance. Il me semble me souvenir que 8dB ont été ajoutés. La puissance de sortie du casque est aujourd’hui bien suffisante. En revanche, le problème de rayonnement induit par l’éclairage de l’écran demeure mais il suffit de diminuer l’intensité d’éclairage pour le faire disparaître. Les craquements dans le casque lors de la mise en marche ou l’arrêt ont été atténués mais sont encore présents.

Présenté comme le successeur de la gamme des enregistreurs ARIES-C au format du Nagra BB+, le Nagra LB est peu encombrant et se fait vite oublié en bandoulière. Il est donc tout à fait adapté aux prises sons extérieures qui demandent de crapahuter un peu. Il est néanmoins robuste et solide avec une coque en métal. La solide sacoche de transport livrée avec l’appareil remplit tout à fait son office en proposant des ouvertures appropriées.

L’ergonomie de façade me semble bien pensée, on se surprend assez vite à piloter la machine sans un seul regard. La fameuse molette Nagra est très pratique tout autant que le petit bouton permettant de coupler les deux potards de niveau d’entrée. En revanche, le micro interne, piètre micro d’ordre, se commande par un petit bouton en façade que l’on accroche facilement dans un moment de panique, plombant ainsi brièvement l’enregistrement en cours. Dommage que ce bouton ne puisse être bloqué.
L’écran de façade en couleur est très complet, en un coup d’œil toutes les infos de configuration sont visibles : type et capacité restante du support d’enregistrement, niveaux d’entrée, fonction en cours (arrêt, enregistrement …), limiteur actif ou non… Seul le niveau de batterie n’est pas affiché et nécessite une manipulation pour s’afficher de façon temporaire. Par cet écran il est également possible d’accéder aux menus de configuration de l’appareil et de l’enregistrement, menus au sein desquels il est assez facile de se retrouver et de naviguer.

Un second écran est disponible sur le dessus de l’enregistreur avec le même accès aux menus de configuration ainsi qu’aux différentes fonctions d’édition. Ces fonctions d’édition sont toutefois limitées aux résolutions d’encodage inférieures ou égales à 24bit/48kHz. Je ne les ai donc jamais utilisées sauf pour la copie de fichiers d’un support vers un autre.

Le Nagra LB peut enregistrer sur différents supports : une mémoire interne de 2 GO, une carte CF ou sur un support externe. La mémoire interne est très pratique lorsque l’on arrive en fin de carte par exemple. Elle permet de prendre le relais si l’on ne dispose pas d’une autre carte. Elle assure également une fonction de mémoire tampon permettant de changer à la volée la carte CF sans interrompre l’enregistrement.

La connectivité du Nagra LB a également été pensée pour le broadcast facilitant ainsi les échanges entre les différents supports. La possibilité de connecter une clé USB directement sur l’enregistreur s’avère très pratique pour libérer rapidement de l’espace sur la carte ou la mémoire interne ou pour réaliser une sauvegarde des fichiers enregistrés.

Enfin, l’autonomie sur piles ou batteries rechargeable est fidèle aux indication données par Nagra. Il y a de quoi assurer une journée de travail complète sans recharger. La recharge se fait par un simple raccord au bloc d’alimentation du Nagra sans avoir à démonter le bloc ni même sortir l’appareil de la sacoche.

Pour découvrir quelques exemples de prises de son faites avec le Nagra LB, je vous invite à écouter l’impression sonore de Prague entièrement réalisée avec cet enregistreur.

Pour consulter les spécifications techniques du Nagra LB

Impression sonore Prague

Titre : Impression sonore de Prague
Thème : Ville
Date d’enregistrement des bruitages et ambiances sonores : 27 et 31 mars 2012
Lieu : Prague, République Tchèque
Matériel : Nagra LB / Audiotechnica BP4025 / Audiotechnica BP4027
Impression sonore : [#### AGRRR#####] Chaos aéroportuaire … 23h15 : première impression, une vile calme et silencieuse qui laisse apprécier les distances et les reliefs. Une première impression qui se solidifie par la suite à travers de maillage de rues étroites qui isolent et résonnent, un maillage dont les nœuds sont autant de points sonores différents, ceux nécessaires à la vie de la ville, ses artères routières, ses zones touristiques où se mêlent 1001 voix gutturales à des sons venus du passé. Un calme urbain qui laisse la place à la musique qui s’enchaine au rythme des pas.
Prague offre enfin la possibilité de prendre du recul, sur les berges de la Vlatla, ou de la hauteur, sur les remparts de son château, pour profiter d’un mixage parfait de toutes ces ambiances. En fermant les yeux, un paysage anachronique apparaît alors mélangeant tout à fois le bruit de bateaux-mouche à des brides de musiques traditionnelles emportées par le vent, des sirènes de police de séries américaines aux claquements rythmés des pas des gardes royaux, des grincements métalliques des trams usées aux turbines futuristes des tramways modernes, des langues qui appellent un univers de l’étrange et du froid aux chants d’oiseaux semblables mais pourtant différents.

Pour écouter d’autres impressions sonores :
Impression sonore de Cherbourg et ses environs
Impression sonore Course de côte Chanteloup-les-Vignes 2011
Impression sonore d’Angers
Impression sonore de la Fête de Lutte Ouvrière
Impression sonore de La Ferté-Milon
Impression sonore du marché de Auneau

Des enregistrements sonores très anciens

La révélation début 2012 de la découverte d’un enregistrement très ancien de la voix de Otto von Bismarck nous a permis de découvrir tout un univers consacré à la conservation et la restauration, ou plutôt restitution, d’enregistrements anciens.

Depuis fin janvier 2012, le Thomas Edison National Historical Park permet à tous d’écouter le résultat de la numérisation d’un cylindre de cire oublié pendant plus d’un siècle dans un coin du laboratoire de Thomas Edison. Ce cylindre contient un enregistrement de la voix du chancelier Bismarck tout à fait audible. L’enregistrement a été réalisé par Theodor Edward Wangemann en octobre 1889 alors qu’il voyageait en Europe pour présenter un phonographe à l’exposition universelle de Paris. On y entend la voix du chancelier réciter des poèmes et des chants en différentes langues et donner quelques conseils à son fils Herbert.

Au-delà de valeur historique d’un tel document sonore, il faut également souligner la prouesse technique de ramener à la vie des enregistrements d’une extrême fragilité. A la différence de précédentes expériences similaires qui ont eu recours à des techniques optiques avancées, la numérisation du cylindre de cire contenant la voix de Bismarck a été réalisée à l’aide d’une invention française de Henri Charon, l’Archéophone. Il s’agit d’un lecteur analogique universel de cylindres phonographiques, créé en 1998, qui est particulièrement adapté à la lecture de cylindres pour lesquels les techniques optiques restent inopérantes en raison de la gravure en profondeur. Il permet de restituer les enregistrements de tout type de cylindre de cire et de cellulose.
Voici une petite démonstration en image de l’archéophone :

Vous pourrez découvrir toutes les caractéristiques de l’archéophone sur www.archeophone.org. Vous pourrez également y écouter différents enregistrements sur cylindres de 1896 à 1928.

La numérisation du cylindre contenant la voix de Bismarck a été réalisée par une équipe américaine, le collectif First Sounds. Ce collectif créé en 2007 à l’initiative de David Giovannoni, Patrick Feaster, Richard Martin et Meagan Hennessey rassemble différents experts comme des historiens du son, des ingénieurs du son, des techniciens et autres scientifiques. Il s’inscrit dans une démarche d’identification, de préservation, de lecture, d’interprétation et de partage des plus anciens et des plus rares enregistrements sonores appartenant à des collections publiques ou privées. Le collectif First Sounds est à l’origine de l’identification et de la lecture du tout premier enregistrement de voix de l’humanité, clairement identifiable comme telle, un document sonore de 1860 soit 17 ans avant l’invention du phonographe par Thomas Edison. Cet enregistrement réalisé à l’aide d’un phonautographe par son inventeur parisien Édouard-Léon Scott de Martinville, nous donne à entendre quelques paroles de la comptine Au Clair de la Lune :

Plus incroyable encore, la collection de phonautographes de Scott de Martinville numérisée par First Sounds renferme le plus vieil enregistrement sonore connu jusqu’à nos jours, une tentative d’enregistrement de voix de 1857, Jeune Jouvencelle, que nous vous invitons à découvrir sur le site de First Sounds. Que cette visite soit l’occasion de découvrir les autres réalisations du collectif comme la collection de enregistrements expérimentaux des Laboratoires Volta.

Vous pouvez poursuivre la découverte de cet univers passionnant par l’écoute d’une autre merveille sonore, craquante et soufflante, du Thomas Edison National Historical Park : l’un des tous premiers  sinon le premier enregistrement de Big Ben, une prise son de terrain datant de 1890. Vous pouvez également découvrir The library of Congress et ses collections d’enregistrements sonores anciens.

Nagra Audio change de structure


Le groupe Kudelski annonce l’externalisation de son activité Nagra audio. Les enregistreurs professionnels, les enregistreurs de sécurité et la Hi-fi seront maintenant développés par la société ATS (Audio Technology Switzerland), une société spécialement dédiée au secteur audio sous contrôle de la famille Kudelski .

C’est dans la perspective de redynamiser et de pas marginaliser l’activité audio que le groupe Kudelki, fort de son développement dans le domaine de la sécurisation de télévision à péage, se sépare de Nagra Audio.

Audio Technology Switzerland assure la continuité de production des produits Nagra et annonce déjà le développement de nouveaux produits notamment pour les enregistreurs numériques.
La filiale française de Nagra Audio passe également sous le giron de Audio Technology Switzerland, l’équipe en place à Paris est maintenue.

Les sons qui font peur

France Culture a consacré l’une des ses émissions, L’Atelier Intérieur, à la peur et aux sons qui nous font peur. Il y était question du loup mais aussi de tous ces sons qui nous effraient. Pas certain que les invités aient vraiment répondu à la question de savoir ce qui leur faisait peur sauf peut-être Nicolas Dubois de Sound Fishing et Bruitages.tv qui nous explique quels sont les sons et bruitages couramment utilisés dans les films d’horreur.

Passant en revue différentes catégories de sons (la musique, les effets sonores, les sons qui renvoient à des peurs ancestrales comme le loup, les bruitages gores), il insiste sur le fait que, plus que les sons en eux-mêmes, c’est surtout la façon dont ils sont utilisés qui contribue au climat de peur. Il fait notamment référence à une étude de Daniel Blumstein de l’Université de Californie qui s’est intéressé aux bandes sonores de différents genres de films. Parmi ses conclusions, les films d’horreur seraient les films qui utilisent le plus des cris de femmes, les films d’aventure ceux qui utilisent plus des cris d’homme. Les films d’horreur sont aussi les films dont les bandes sonores sont le moins linéaire, elles passent brutalement d’un quasi silence à un cri tonitruant ou d’un ronflement sourd à un cri très aigu. Ce caractère non linéaire du son est assez caractéristique des cris d’animaux en détresse et serait utilisé dans les films pour accentuer l’atmosphère dramatique.

Pendant l’émission, N. Dubois réalise aussi quelques bruitages en direct ainsi que des démonstrations de transformation de son.

Pour en savoir plus sur la peur du loup et les sons qui nous font peur, écoutez l’intégralité de l’émission produite par Aurélie Charon et réalisée par Thomas Dutter :  L’Atelier Intérieur n°25 – La peur du Loup (photo France Culture)

Habillage sonore : le Stinger

Un Stinger est un élément d’habillage sonore prenant la forme d’un morceau de musique de quelques secondes qui se distingue d’une boucle ou d’un bed en ce qu’il possède un début, un milieu et une fin.
A la différence d’une boucle qui est prévue pour être jouée indéfiniment sans qu’il y ait de relâchement au moment de la reprise de la boucle, donc sans début et sans fin, le stinger est créé avec un début et une fin marqués, il n’est pas prévu pour boucler. Il caractérise un moment en soi.
Les stingers sont notamment très utilisés dans les séries télévisées. Ils servent à marquer une transition entre deux scènes, deux chapitres ou à habiller l’image lors de changement de lieux.

Impressions sonores


Le Blog des Bruitages inaugure une nouvelle catégorie intitulé Impression Sonore. Il s’agit de montages faits de petites touches sonores de 15 à 20 secondes, une juxtaposition de courtes impressions concourant à un ressenti global, une impression générale fixée comme une photographie, un cliché, une impression à un moment T. En bref, une restitution subjective de l’expérience sonore d’un preneur de son et monteur confronté à l’environnement sonore d’une ville ou d’un évènement.
Les Impressions Sonores sont uniquement réalisées à partir de bruitages et d’ambiances sonores enregistrés sur place pendant un laps de temps allant de quelques heures à quelques semaines.

Nous souhaitons développer l’idée des Impressions Sonores à travers la mise en place d’un site collaboratif qui permettrait de découvrir des impressions sonores du monde entier réalisées par des contributeurs du monde entier.
L’idée des impressions sonores vous intéresse ? Vous souhaitez vous aussi en réaliser et les diffuser ou simplement rejoindre l’équipe qui est en train de se constituer pour développer ce projet ? N’hésitez pas à prendre contact afin d’en savoir plus.

Pour écouter les impressions sonores disponibles :
Impression sonore de Prague
Impression sonore de Cherbourg et ses environs
Impression sonore Course de côte Chanteloup-les-Vignes 2011
Impression sonore d’Angers
Impression sonore de la Fête de Lutte Ouvrière
Impression sonore de La Ferté-Milon
Impression sonore du marché de Auneau